La Librairie du XXIe siècle

Collection dirigée par Maurice Olender aux éditions du Seuil

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Brigitta Eisenreich, avec Bertrand Badiou – L’Étoile de craie

octobre 2013 · 15 commentaires

La liaison amoureuse que retrace ce livre est une des plus longues de Paul Celan et une des plus clandestines. Peu de lettres échangées, des dédicaces se réduisant à une étoile discrète : cryptogramme que Celan, en cas d’absence de l’amante, trace à la craie sur l’ardoise fixée près de la porte de sa chambre pour noter son passage.
Quand Celan fait la connaissance de Brigitta, sœur cadette de l’écrivain autrichien Herbert Eisenreich, celle-ci a fui son pays natal et son milieu catholique pour aller faire des études à Paris, où elle est jeune fille au pair. Celan a 33 ans, elle en a 25. Leur relation nouée peu de temps après le mariage de Celan avec Gisèle de Lestrange, en décembre 1952, durera près d’une décennie.
Pour évoquer sa « liaison clandestine », Brigitta Eisenreich écrit : « Vu l’attention et la valeur que Celan accordait aux dates d’anniversaires des siens, il paraît clair que j’occupais une place à part dans sa vie. Notre lien échappait au rituel des dates et à bien des contraintes. C’est dans ce lien à la fois clandestin et affranchi que tenait toute la richesse que nous pouvions partager ensemble. »
Parfois Brigitta attrape les pensées de Celan au vol et les consigne dans un petit carnet. À la recherche de ses souvenirs les plus intimes, elle multiplie les angles de vues sur l’œuvre de Celan et sur ses mille et trois vies : comme si le poète, dans l’ombre du génocide des Juifs d’Europe, se devait de répéter, compulsivement, l’acte de vie pour maintenir le poème vivant – la mémoire.

La liaison amoureuse que retrace ce livre est une des plus longues de Paul Celan et une des plus clandestines. Peu de lettres échangées, des dédicaces se réduisant à une étoile discrète : cryptogramme que Celan, en cas d’absence de l’amante, trace à la craie sur l’ardoise fixée près de la porte de sa chambre pour noter son passage.

Quand Celan fait la connaissance de Brigitta, sœur cadette de l’écrivain autrichien Herbert Eisenreich, celle-ci a fui son pays natal et son milieu catholique pour aller faire des études à Paris, où elle est jeune fille au pair. Celan a 33 ans, elle en a 25. Leur relation nouée peu de temps après le mariage de Celan avec Gisèle de Lestrange, en décembre 1952, durera près d’une décennie.

Pour évoquer sa « liaison clandestine », Brigitta Eisenreich écrit : « Vu l’attention et la valeur que Celan accordait aux dates d’anniversaires des siens, il paraît clair que j’occupais une place à part dans sa vie. Notre lien échappait au rituel des dates et à bien des contraintes. C’est dans ce lien à la fois clandestin et affranchi que tenait toute la richesse que nous pouvions partager ensemble. »

Parfois, Brigitta attrape les pensées de Celan au vol et les consigne dans un petit carnet. À la recherche de ses souvenirs les plus intimes, elle multiplie les angles de vues sur l’œuvre de Celan et sur ses mille et trois vies : comme si le poète, dans l’ombre du génocide des Juifs d’Europe, se devait de répéter, compulsivement, l’acte de vie pour maintenir le poème vivant – la mémoire.

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